Nous sommes des psychopathes de la vie quotidienne

septembre 22, 2006 at 8:28 13 commentaires

Je me suis récemment repenché avec plaisir sur Psychopathologies de la Vie Quotidienne, essai de Freud sur ses théories sur la vie psychique et ses manifestations. Une bonne façon de se rendre compte par le recensement des phénomènes très ordinaires de notre quotidien (oublis, erreurs, lapsus, actes manqués, etc.), que c’est bien l’inconscient qui s’exprime.

Ces phénomènes ne dépendent ni du hasard ni d’une inattention mais révèlent des désirs, des obsessions, des fantasmes peu avouables par les voies de la conscience maîtrisée.

Cet ouvrage est pour ainsi dire la preuve de la frontière assez fragile qu’il existe entre le "normal" et le "pathologique".

Ils abordent donc plusieurs de ces phénomènes, si ce sujet vous interèsse également, c’est par ici :

Les oublis de noms propres

Il est
souvent accompagné de faux souvenirs, ou
"noms de substitutions
" :
le souvenir aurait prit une fausse route psychique et serait arrivé à un faux
nom, ayant ou non un rapport.

Il explique
que les conditions nécessaires pour que se produise l’oubli sont :

  • Une certaine tendance à oublier ce nom
  • Un processus de
    refoulement
    ayant eu lieu peu de temps avant
  • Une association
    extérieure
    entre le nom en question et l’élément qui vient d’être refoulé.

Les oublis de noms et de suites de mots

Un simple
trou de mémoire anodin peut remonter jusque dans les sentiments les plus
intimes des personnes.

Freud prétend que le nom
oublié se rapporte à un sujet qui touche sa personne et provoque en en lui des
sentiments violents et pénibles, c’est ce qu’il appelle un complexe personnel, professionnel
pour un souvenir de travail ou familial
pour ceux en rapport avec une famille. L’oubli permet donc d’éviter un
sentiment désagréable pour la personne.

Les oublis  de
projets

Ils sont également
motivés par un sentiment désagréable.

Freud définie
le projet comme « une impulsion à
l’action qui a déjà reçu le consentement du sujet mais dont l’exécution est
fixée à une époque déterminée"
Entre le
moment de la conception d’un projet et sa réalisation, un laps de temps s’est
écoulé, or lorsque l’oubli de projet s’opère il fonctionne comme un rejet,
comme si le projet devenait une contrainte ou provoquerait un sentiment
désagréable.

Souvenirs d’enfance et
« souvenirs écrans »

Les
souvenirs d’enfance sont souvent insignifiants
et secondaires
et en cachent des complexes
et refoulés
. On peut donc appeler ces premiers souvenirs : souvenirs
écrans
. Seul l’analyse peut montrer le souvenir caché et les relations
qu’il entretient avec le vrai souvenir. Il existe trois types de relations
entre ces souvenirs :

  • Déplacement
    rétrograde : souvenir
    écran; est antérieur au souvenir inconscient.
  • Déplacement
    anticipant : souvenir
    écran est postérieur au souvenir refoulé./p>

  • « Souvenir
    écran » contemporain ou simultané.

Les lapsus.

On note
différentes classes de lapsus : interversion, anticipation et empiétement
d’un mot sur celui qui le précède, prolongation superflue d’un mot , contamination
et enfin substitution.

Certains lapsus
seraient dus à l’action ,
anticipée ou rétroactive, d’une autre partie du discours, ou par une autre idée
contenue dans la phrase, ou dans l’ensemble de propositions qu’on veut
énoncer .

D’autres se
produiraient, comme l’oubli, selon des influences extérieures aux groupes de
mots, et selon des éléments que l’on n’a nullement l’intention de mentionner.

Erreurs d’écriture et erreurs de lecture

Freud
rapproche les erreurs d’écriture ou lapsus
calami
aux lapsus linguae,

Les erreurs de lectures seraient suscitées
par un désir secret refoulé ou
conscient du lecteur qui introduit dans le texte ce qui le préoccupe ou
l’intéresse. Le texte est aussi un acteur de ce type de lapsus. Il contient dans bien des cas quelque chose qui éveille la
répulsion du lecteur.

Les erreurs d’écriture se rattachent également à un désir ou une idée préoccupants. Ainsi les erreurs sur
les dates signalent souvent un désir de voir ou pas une personne ou un
événement se réaliser. Quant aux déformations de noms, elles rendent compte,
comme c’est le cas pour les lapsus
linguae, d’un mépris envers la personne qui en est la victime.

Les actes manqués

Il y en a de deux sortes :

Les méprises et maladresses qui sont des formes troublées d’autres
actes intentionnels. Ainsi, le bris d’un objet aura souvent pour cause un
changement d’étape dans la vie, une volonté inconsciente de rendre
indispensable l’achat d’un autre, un « sacrifice »
pour concilier le sort en rapport avec un événement antérieur, etc. Ces
mouvements que l’on interprète comme violents ou spasmodiques sont donc dominés et guidés par une intention avec
pour preuve le calme avec lequel on accepte le dommage subi.

Cette
sorte d’acte manqué peut être aussi la représentation
symbolique d’une idée.
Ainsi, une personne ouvrira une porte avec la clé de
son domicile quand il aura l’impression de se sentir chez lui. Il y a aussi les
mutilations volontaires. Comme pour
expier une faute, se punir lui-même ou attirer l’attention, la personne se
mutilera inconsciemment en se dissimulant derrière un accident ou une maladie
spontanée.

Les actes
accidentels ou symptomatiques
: ils
n’ont ni but, ni intentions apparentes, et se divisent en plusieurs catégories

  • Les « habituels »
    (jouer avec une mèche de cheveux, se tirailler la barbe, etc.), auxquels
    s’ajoutent les tics et qui forment les caractéristiques gestuelles d’une
    personne.
  • Ceux qui se produisent dans certaines situations
    (griffonnage avec un crayon, etc.)
  • Les « isolés »qui ne sont pas fréquents

Les pertes et
appropriation d’objets qui sont les plus courants et significatifs : Une perte
d’alliance est souvent traitée comme un signe prémonitoire. Pour Freud, ces actes peuvent donc être considérés
comme des aveux.


Comme vous avez pu le voir, le
déterminisme prend donc une part importante dans notre vie. Il
apparaît que nous ne pouvons penser à un nom ou à un nombre dont le choix est
tout à fait arbitraire. Cela met en évidence l’existence d’une motivation
consciente (libre arbitre) et d’une motivation inconsciente (déterminisme).

Mais vous retrouverez ces théories et les exemples si chers à Freud en vous procurant vous même ce livre (pour les interessés, j’ai un exemplaire que je peux vous envoyer)

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To be Giiks or not to be, the new question French2.0 : premier appel

13 commentaires Add your own

  • 1. marouschka  |  septembre 23, 2006 à 11:07

    Ah là là, ce Freud, il nous a bien compris ! J’ai lu récemment un article sur les lapsus, très intéressant ! Il ne me reste donc plus qu’à éviter les « boulettes » pour mon entretien🙂 !

  • 2. arnimaje  |  septembre 25, 2006 à 12:15

    Bonjour

    Oui Freud permet d’expliquer beaucoup de choses. En revanche à force de tout vouloir expliquer on ne peut plus rien faire. Je crois que seul l’excès est pathologique. après ce que l’on en fait…!:)

  • 3. *Julie*  |  septembre 25, 2006 à 3:02

    Marouschka :: voui, c’est aujourd’hui le grand jour !! Tiens nous vite au courant sur le déroulement … et sur les éventuels lapsus !!😉

    Arnimaje :: Tu as entièrement raison, après je trouve ce livre interessant pour cet eclairage anecdotique de Freud, qui loin de vouloir polluer notre quotidien d’explications en tout genre, et de nous rendre pour le coup complètement psychotiques, nous rappelle juste que ces petites « erreurs » du quotidien nous renvoient à notre histoire personnelle.

  • 4. Laurence  |  septembre 26, 2006 à 11:31

    C’est très intéressant ces explications. Merci Julie pour le résumé.
    Je suis bien sûr d’accord que ces thèses ne peuvent pas tout expliquer. Par exemple, il m’arrive d’être maladroite mais je suis très énervée après si j’ai cassé quelque chose que j’aimais beaucoup. Je crois d’ailleurs que je suis toujours énervée si je casse quelque chose et je n’accepte pas le dommage subi.
    Alors après, peut-être que cela a encore une autre signification?😉

  • 5. Pem  |  septembre 26, 2006 à 11:44

    Etonnant les exemples que tu nous livres…
    Parle au groupe d:-P>

  • 6. *Julie*  |  septembre 26, 2006 à 5:11

    Laurence :: effectivement, les significations sont surement multiples et s’adaptent à l’histoire de chacun. Les risques étant au final soit de vouloir tout interpréter, soit d’aboutir à des interprétations très personnelles selon l’image que l’on veut donner aux autres.

    Pem :: Oui, raconte nous ton histoire toi aussi. Nous t’écoutons😉

  • 7. Eléonore  |  septembre 26, 2006 à 10:41

    C’est un sujet qui m’a toujours passionné, le tout étant, à mon avis de savoir que l’on est tous plus ou moins névrosé!!! que l’on veuille ou non tout notre corps évoque quelque chose de nous qui nous échappe !!!

    Sinon, pour passer du coq à l’âne, ton blog est vraiment BIEN.

  • 8. guillaume  |  septembre 27, 2006 à 3:22

    merci pour les conseils, mais j’ai trouvé par hasard le code html pour installer ce petit historique des lecteurs qui est très sympa !! comme quoi le hasard…lol

  • 9. Elise Mark-Walter  |  septembre 27, 2006 à 12:16

    Très bon ce titre ! Difficile d’échapper à sa responsabilité quand l’insconscient s’en mêle… verdict : tous coupables (d’être à la fois uniques et déterminés) brrrrrr😉

  • 10. arnimaje  |  septembre 27, 2006 à 3:47

    hey arrêtez de vous voir touts (es) névrosées psychopathes etc . Il y a des situations dans lesquelles nous sommes maladroits ou plus. Ce n’est que l’expression de l’anxiété ou équivalent RIEN D’AUTRE. Ce sont des émotions à gérer et non pas un mal être. …Le plus révélateur est le lapsus: même Freud le dit plus ou moins en substance. Il y a un océan entre la gestion de ses émotions et la psychanalyse. …:)

  • 11. hanen  |  septembre 27, 2006 à 4:15

    Eh bien ce Freud a toujours qlq chose à dire bon sens. Saviez-vous que les retards répétés sont égalements considérés comme pathogènes!!!! A force de vouloir tout expliquer on va se perdre…

  • 12. Matthieu M.  |  septembre 28, 2006 à 8:24

    Bien que moi même je sois partisant des théories de Freud, il ne faut pas oublier que ce n’est qu’un point de vue. Il est toujours bon de varier ses sources, sinon on tombe dans le freudisme, et ce n’est pas forcément le reflet de la réalité😉

  • 13. Al  |  septembre 30, 2006 à 9:30

    Mais qui a vendu la mèche ???? Qui a dit que j’étais un psychoquimangedespates…???

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