Le grand détournement

novembre 28, 2006 at 3:10 1 commentaire

Gallo_dove

Vu sur l’excellent et riche site Worth1000, via le concours "Photoshop Contest", une série de détournements de peintures célèbres en publicités pour de grandes marques.

Si les affiches présentées, oeuvres de particuliers, proposent un mélange décalé de deux formes de creations, en revanche je suis plus sceptique concernant l’exploitation des oeuvres picturales à des fins publicitaires. Je m’explique :

Cne_mfgD’un coté, cette utilisation facilite la reconnaissance et la réaction du public. Ainsi, le détournement de La Cène par Marithé et François Girbaut, outre les polémiques associées, parle directement au public car se situe plus ou moins dans le champs de ses connaissances picturales. Il la reconnait comme telle et donc en appréciera ou pas le détournement. Il y a réaction.

Néanmoins …

La_laitire– Si on part du principe que la culture d’un pays repose en partie sur les croyances et représentations collectives qui la lient (E.T. Hall), détourner ces oeuvres, c’est prendre le risque de dénaturer leur  fonction première et créer de nouvelles représentations collectives appauvries. Non, La Laitière de Vermeer n’a pas été gribouillée par le Dir Com de chez Nestlé….

– Dans le même sens, l’oeuvre d’art a une vie propre, et véhicule pour

chaque spectateur un message qui lui est propre. Vouloir en faire l’étendard d’un produit ou d’une marque, c’est selon moi aseptiser la culture.

– Faire passer un message commercial ephémère par le biais d’une oeuvre intemporelle me parait assez prétentieux.

– Cette utilisation témoigne dans certains cas d’un manque cruel d’imagination et d’incapacité à créer et faire accepter ses propres symboles

Ok, je viens de passer en deux minutes pour une réac’ de première classe, mais je suis attérée de voir que des enfants n’ont que la culture de masse véhiculée par la télé et les publicités pour se construire un bagage culturel, et que pafois ni l’école ni les parents ne sont là pour leur faire découvrir un patrimoine si riche… Aussi, détourner ne servirait plus à rien auprès de ces futurs publics qui ne connaitront pas les oeuvres initiales. A moins de faire du détournement de détournements publicitaires….

Voir également Tate Tracks, ou le mix réussi entre sculpture et musique

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En selle ! Les femmes et les enfants d’abord

Un commentaire Add your own

  • 1. Helene  |  décembre 12, 2006 à 2:02

    100% d’accord avec cette opinion. D’autant qu’il s’agit d’une usurpation « post-mortem » de la propriété intellectuelle, qui est pourtant reconnue inaliénable par le droit français. Si les auteurs étaient encore vivants, ils n’auraient peut-être (sûrement ?) pas accepté ces détournements, ou ils auraient éventuellement reçu une rémunération pour cela.
    Autant je crois que la co-création entre des artistes, vivants et consentants, et des publicitaires et des marques peut être particulièrement intéressante, autant ces détournements sont en effet, à tout niveau, un appauvrissement de la création et de la culture.

    PS : bonne chance pour votre recherche de job. Je découvre juste votre blog grâce aux fils RSS de Netvibes, je reviendrai vous lire, et si je peux, vous passer des contacts ou des tuyaux.

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